AGIR POUR LA BIODIVERSITÉ

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Si le dérèglement climatique est bien souvent au coeur des préoccupations de l’urgence écologique actuelle, le déclin de la biodiversité n’en reste pas moins un enjeu majeur et sous-investi. De fait, les études montrent que 75% du milieu terrestre et 66 % du milieu marin sont sévèrement altérés par les activités humaines. Selon l’IPBES, il reste moins de 10 ans pour inverser cette tendance destructrice dont les conséquences à moyen terme seraient catastrophiques pour nos écosystèmes.

Dans un tel contexte, les acteurs incontournables du tissu économique que sont les entreprises ont pour devoir de se mobiliser pour la préservation de la biodiversité, lutte par ailleurs essentielle une stratégie ambitieuse dans ce domaine primordial, les entreprises gagneraient à inclure pleinement la double matérialité inhérente aux écosystèmes naturels. L’écueil premier demeurant le sous-investissement du sujet biodiversité par nos modèles économiques, le groupe de travail a cherché tant aux organisations de mesurer et réduire concrètement leurs impacts sur la biodiversité. L’objectif poursuivi est double : mettre en place une préservation tout en créant des externalités positives en faveur de la biodiversité. Afin d’intégrer la valorisation des écosystèmes aux stratégies des entreprises, les risques liés à la dégradation du capital naturel doivent être identifiés sur l’ensemble des chaînes de valeur, via des indicateurs communs et fiables. À cet égard, la collecte et la mutualisation des données s’avèrent fondamentales pour assurer une mesure d’impact aboutie.

Afin d’accompagner ces nécessaires efforts de traçabilité, les institutions juridiques ont un rôle central à jouer dans la création d’un environnement favorable à la préservation de la biodiversité. La prise en compte accrue des risques liés à la destruction des écosystèmes dans le processus de décision des investisseurs jouerait un rôle moteur pour insuffler une dynamique positive aux entreprises.

Le mot des co-présidents

Marie-Claire Daveu

Directrice du développemen durable et des affairest institutionnelles internationales

Kering

Ambroise Fayolle

Vice-président

Banque Européenne d’Investissement

« Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, la COP26 à Glasgow et la COP15 sur la diversité biologique sont autant d’événements qui ponctueront une année déjà décisive pour le devenir des écosystèmes naturels. Si l’agenda international témoigne de la prise de conscience globale en faveur de la biodiversité, il est nécessaire que les directions d’entreprise mesurent pleinement l’impact de leurs activités sur la sève de notre planète. Première étape vers des engagements volontaires et ambitieux de réduction, une telle mobilisation accompagnera la transformation durable des modèles d’activité vers des pratiques respectueuses de la biodiversité. La crise du Covid-19 a d’ailleurs permis d’encourager une sensibilisation accrue des citoyens sur le lien entre risques de pandémies et dégradations des écosystèmes. Pour inverser la tendance actuelle, de nombreux outils sont déjà à disposition et ne demandent qu’à être saisis par les plus grandes entreprises, qui assureront ensuite l’accompagnement des plus petites structures. doit être celle d’une intégration pleine et entière de la préservation du capital naturel dans nos activités économiques. Pour accompagner intérêt à accorder la même importance à la défense de la biodiversité qu’à la lutte contre le dérèglement climatique. diversité de notre planète, nous appelons dorénavant de nos voeux le lancement d’actions concrètes au service de la nature.»

Jusqu’à 1 million :

C’EST LE NOMBRE D’ESPÈCES MENACÉES D’EXTINCTION DANS LE MONDE, DONT DE NOMBREUSES AU COURS DES PROCHAINES DÉCENNIES.

Source : Rapport 2019 d’évaluation globale sur la biodiversité et les services écosystémiques publié par l’IPBES.

Propositions

1

Placer la protection de la biodiversité au coeur des stratégies des entreprises grâce à l’implication de l’ensemble des acteurs économiques.

2

Mettre en place une trajectoire biodiversité globale dans laquelle les entreprises pourront s’inscrire et expliciter leur contribution à l’atteinte des objectifs mondiaux.

3

Instaurer un système d’incitations publiques valorisant les entreprises les plus vertueuses.

4

Construire un dispositif de traçabilité des matières premières performant et opérationnel à l’échelle de l’Union européenne.

5

Favoriser le passage à l’action des PME grâce à la collaboration de l’ensemble des acteurs privés et publics.